posted by Deitan Dumais on Feb 9
Madame Robi fût interné contre son gré. Malgré ses protestations les plus véhémentes on l’a électrocuté juste assez pour la tranquilliser, ou la dociliser, c’est juste assez d’électrocution pour ne pas trop endommager le patient. Les psychiatres appellent ça un traitement et ne croyez pas qu’il n’est plus en vogue de nos jours. Pour camoufler les dommages du passé ils l’ont rebaptisé : électroconvulsothérapie, ou camouflé plus encore en: sismothérapie.
Alys Robi avait une force de caractère peu commune.
En 1948, alors qu’elle se rend à Hollywood afin de rencontrer des responsables des studios Paramount, elle est victime d’un grave accident de la route. Elle doit alors interrompre sa carrière à la suite d’une grave dépression nerveuse et, à 25 ans, se retrouve contre son gré dans un hôpital psychiatrique de Québec, l’Hôpital psychiatrique St-Michel-Archange, maintenant devenu l’Hôpital Robert-Giffard.
Elle passe les cinq années suivantes à aller et revenir, contre son gré, dans cet asile, subissant de fortes médications, des chocs électriques et même une lobotomie, traitement brutal réservé aux maniaco-dépressifs. En 1952, elle est libérée et tente de reprendre sa carrière, mais elle reçoit un accueil mitigé de la part du public ainsi que du monde du showbusiness de l’époque.
Laissons à Alys Robi le soin de décrire cette torture qualifié d’opération qui fut pratiquée par le neurochirurgien Jean Sirois, l’un des premiers au Québec, et à laquelle assista un groupe d’étudiants. Elle a dû rester éveillée pendant toute la durée de cette horrible procédure. - L’intérêt principal de la psychiatrie est la modification du comportement par la force d’électricité, l’ablation de certaine partie de votre cerveau ou encore l’utilisation de psychotrope puissant.
De nos jours on utilise des pilules, c’est plus propre, surtout avec les enfants.
Dans son livre “UN LONG CRI DANS LA NUIT”
Madame Robi nous rapporte:
« On m’interrogeait, pendant l’opération, pour que je ne devienne pas amnésique. On m’a demandé le nom de mon père, mon lieu de naissance, le métier que j’exerçais (…) Ma voix se mêlait aux bruits des scies, des marteaux, des perceuses. J’entendais tout… ».
Le 9 décembre 2004 lors d’une entrevue télévisé à Radio Canada, Madame Robi s’exprima en ces mots:
« J’ai 81 ans, 82 ans bientôt, ma vie est presque fini, j’ai le droit d’avoir la vérité vous comprenez?
Pensez-vous que j’ai le droit? »
Lança-t-elle à la journaliste Dominique Poirier, un peu hébété de la rigueur de madame Robi.
En vérité les traitements que Madame Robi a subi; choc à l’insuline, bains d’eau glacé, les électrochocs sans anesthésie et la *lobotomie sont des formes de traitements punitifs dans le but d’adoucir le caractère du patient par la force. Alys Robi avait tout un caractère; enflammé, brillant, émouvant lequel puisait à la source même du merveilleux.
Vous aviez raison Madame Robi, Ils n’avaient pas le droit de faire preuve d’autant d’inhumanité envers vous.
« On pratiquait ces opérations sur des patients éveillés pour s’assurer de travailler sur les bons neurotransmetteurs, explique le neurologue Guy M. Rémillard. On gelait pour ouvrir la boîte crânienne mais pour le reste, comme le cerveau est insensible, ça ne pose aucun problème », explique le médecin de l’hôpital du Sacré-Coeur de Montréal.
Les Américains ont rapidement adopté cette méthode révolutionnaire. On estime qu’entre le milieu des années 30 et la fin des années 60, environ 40000 personnes ont été lobotomisées aux États-Unis. Parmi les praticiens les plus zélés: le neurochirurgien américain Walter Freeman, qui pratiqua à lui seul pas moins de 2400 lobotomies entre 1948 et 1957.
Les plus récentes appellations de la lobotomie: leucotomie transorbitale et stéréoencéphalotomie, beaucoup plus aseptisée mais toutes aussi barbares.
Si quelqu’un vous offre ce type d’opération…
Fuyez!
C’est mon conseil.
Deitan Dumais

*La lobotomie est maintenant interdite dans plusieurs pays ainsi que plusieurs états Américains,
